Le toucher dans la relation au soin

 

 

    " Le monde des odeurs, des formes, des couleurs, des sons est purement subjectif ; il est de simple apparence, seul le toucher fournit la certitude d’une réalité, il est le sens le plus spécifiquement humanisé. Le toucher voit, les regards palpent". Octavio Paz

 

 

 

   Dans notre société, le toucher est réservé aux personnes que nous connaissons bien ou dans des circonstances très privilégiées. Pourtant les trois quart du temps il s’agit souvent d’un toucher stéréotypé, maladroit, ou empreint d’arrières pensées.

 

   Il est pourtant notre premier mode de communication qui reste essentiel au développement affectif de l’être humain. Preuve d’amour, de reconnaissance, de sollicitude et de sentiments qui nous sont nécessaires pour développer la confiance en nous-mêmes puisqu’il est le ‘’sens’’ de notre propre importance. De ce fait, il rassure et réconforte. Il est associé au partage, à l’aisance dans l’expression de nos sentiments.

 

   Le toucher marque notre territoire, la manière dont nous établissons une "juste distance" dans la relation aux autres et notamment au cours des soins. De ce fait, au travers nos premiers contacts corporels nous mettons en place la trame du jeu relationnel : la dialectique de la distance et de la proximité, de l’intimité et de l’éloignement.

   Il reste aujourd’hui, malgré les tabous culturels de notre société, un échange authentique qui balaie le sentiment de solitude et satisfait le besoin profond de communication. Force est de constater que tant que la vie dure en tout être humain, il continue de briller cet élan qui le pousse vers les autres pour donner et recevoir plaisir et affection. Chacun peut et doit, quelque soit son âge, y avoir recours.